Le Voyeur a dû attendre le passage d'une génération pour que celle-ci puisse prendre la parole et reconnaître l'avant-gardisme du film de Michael Powell. Souvent d'ailleurs par opposition avec un cinéma de genre qui commençait à émerger à la fin des les années 70 et pour mieux montrer ce que devaient ces "nouveaux" films à son précurseur. Il a fallu donc attendre réellement que certains de ces adolescents soient des adultes écoutés pour que leur avis compte : parmi eux, Martin Scorsese et Brian De Palma en furent d'ardents défenseurs. Un cinéaste comme De palma bénéficia également de l'effet du temps, puisqu'on l'assimila à un copieur talentueux hitchcockien à ses débuts avant que les critiques de cinéma ne furent composés de son premier public et qu'il devienne à son tour une icone (le Centre Pompidou lui a consacré un hommage en 2002). Il en est de même de la plupart des faiseurs et cinéastes de genre des années 80 comme Joe Dante, Robert Zemeckis, David Cronenberg ou James Cameron. Ils furent tous considérés comme des réalisateurs de série B avant qu'avec le temps, ils soient largement réévalués, y compris pour leurs premiers films. Bien peu de films vus majoritairement par un public adolescent n'ont le droit à la reconnaissance des institutions. Du moins à leur sortie.
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Il n'existe pas qu'une histoire du cinéma, mais bien plusieurs. La mondialisation entraîne non pas une globalisation mais une sélection d'une sorte de chaîne qui lierait des films entre eux. Une lecture historique qui privilégie une certaine vision du 7ème art, loin des "blockbusters sans âme" mais aussi des films "expérimentaux sans lendemain". Avec sa formule tirée des Frères ennemis, le sinistre Brasillach relevait que la mémoire collective se fonde sur le récit proposé par ceux qui sont au pouvoir : "l'histoire est écrite par les vainqueurs". L'histoire du cinéma ne semble pas échapper à cet aphorisme : elle est trop riche pour se résumer à ce qu'on trouve dans les encyclopédies du cinéma et autres ouvrages du type les "1001 films à voir avant de mourir". C'est une certaine idée du cinéma qui est extraite des 500.000 films produits dans le monde [1]. Et ça commence dès ses origines. Dire que les Frères Lumières ont créé le cinéma, c'est renvoyer à l'oubli les inventions des frères Skadanowsky et d'Emile Reynaud. Aux Etats-Unis, on cite même plus volontairement Thomas Edison et William Dickson pour leur Kinétographe datant de 1893. Mais comme la victoire vient avec la diffusion de masse, les frères Lumière ont un avantage pour marquer de leur nom le divertissement que nous connaissons car leur invention intégrait une projection collective. Les vainqueurs sont d'abord définis sociologiquement. L'histoire officielle du cinéma est d'abord écrite par ceux qui sont en âge de l'écrire. Il y a donc souvent un écart entre ce qui sort sur les écrans et ce qui devient un classique.
Le Voyeur a dû attendre le passage d'une génération pour que celle-ci puisse prendre la parole et reconnaître l'avant-gardisme du film de Michael Powell. Souvent d'ailleurs par opposition avec un cinéma de genre qui commençait à émerger à la fin des les années 70 et pour mieux montrer ce que devaient ces "nouveaux" films à son précurseur. Il a fallu donc attendre réellement que certains de ces adolescents soient des adultes écoutés pour que leur avis compte : parmi eux, Martin Scorsese et Brian De Palma en furent d'ardents défenseurs. Un cinéaste comme De palma bénéficia également de l'effet du temps, puisqu'on l'assimila à un copieur talentueux hitchcockien à ses débuts avant que les critiques de cinéma ne furent composés de son premier public et qu'il devienne à son tour une icone (le Centre Pompidou lui a consacré un hommage en 2002). Il en est de même de la plupart des faiseurs et cinéastes de genre des années 80 comme Joe Dante, Robert Zemeckis, David Cronenberg ou James Cameron. Ils furent tous considérés comme des réalisateurs de série B avant qu'avec le temps, ils soient largement réévalués, y compris pour leurs premiers films. Bien peu de films vus majoritairement par un public adolescent n'ont le droit à la reconnaissance des institutions. Du moins à leur sortie. A l'heure où sort un onzième Halloween, il est temps de faire le bilan d'une franchise qui se répète inlassablement depuis 40 ans. Un zoom sur le choix des producteurs / distributeurs de présenter chaque film sous un titre qui est devenu quasiment une marque autour d'un personnage surnaturel et monomaniaque. Lorsque John Carpenter se lance dans la création d’un thriller sur un tueur de baby-sitter, il n’y a pas vraiment encore de titre. Son producteur Irwin Yablans, qui lui a proposé le concept, pense bien à The babysitter murders, mais c’est surtout un titre de travail qui sera rapidement remplacé : le producteur a l’idée de fixer l’intrigue la nuit du 31 octobre, fête des morts particulièrement populaire chez les étudiants qui en seront la cible privilégiée. Le titre Halloween s’impose donc naturellement et oriente l’écriture du scénario sur une quasi-unité de temps et de lieu après un court et sanglant prologue. C’est ainsi que la saga lancée en 1978 va populariser le slasher. Un genre apparu quatre ans plus tôt avec Black christmas [1]. Déjà un titre qui met en avant un jour de fête. Un genre qui pullulera par la suite avec un grand nombre de copies, dont le plus gros succès proposera lui-aussi un tueur ayant quelques problèmes de famille et qui se manifeste un jour particulier : en 1980, Vendredi 13 imposera Jason et son masque de Hockey. Le film Halloween rendra célèbre, lui, le personnage fantasmagorique de Michael Myers et son masque blanc inexpressif [2]. Une suite sort en 1982 sous le titre Halloween II. C’est une suite directe du premier qui reprend l’intrigue là où le premier film avait laissé son tueur iconique. Mais lorsque le succès appelle un troisième film, John Carpenter qui est toujours au commande du scénario - mais plus de la réalisation - décide d’éviter la redite et d’orienter le film vers une autre intrigue autour d’halloween. Exit donc Michael Myers et sa victime préférée Laurie Strode (jouée par la fille de la Janet Leight de la scène de la douche de Psychose, Jamie Lee Curtis). Le film ne marche pas, reproduisant le type d'erreur qui avait failli enterrer la série La panthère rose : en négligeant l’animal dans son générique et son titre, les producteurs avaient perturbé la promotion de leur suite Quand l’inspecteur s’emmêle (a shot in the dark en vo) avant de revenir après systématiquement à un titre reprenant la fameuse Panthère rose. Halloween III, le sang du sorcier fait l’inverse en promettant la continuité des deux premiers films alors qu’il raconte une histoire sans rapport ... sauf que de parler d’halloween.
Steven Soderbergh a proposé avec son apps interactive une nouvelle expérience de fiction en jouant sur les points de vue. Mais la plupart des spectateur n'auront droit qu'à un remontage sous forme d'une série qui cache son héritage interactif et trahit son ambition initiale. A consommer de préférence en connaissant l'origine du projet et en s'accrochant un peu au début. Steven Soderbergh est revenu au cinéma après quatre ans d'absence sur le grand écran. Une absence qui n'a rien à voir avec un congé sabbatique. Le plus jeune réalisateur palmé à Cannes est au contraire connu pour sa suractivité : pendant cette période, il a tourné entre autre un téléfilm (Ma vie avec Liberace), réalisé deux saisons complètes du superbe The Knick et préparé un ovni audio-visuel : Mosaïc [1]. Même si le budget de 20 M$ de cet ovni relève de la grosse production télévisée, on est formellement plus proche de l'esprit frondeur et expérimental de Schizopolis, Bubble et Girlfriend experience. Mosaïc n'est pas un film, ni une série, mais une offre expérientielle fondée sur l'interaction avec le spectateur pour choisir son angle narratif. Ce n'est pas non plus le spectateur qui choisit l'histoire : elle reste toujours la même, mais il peut choisir le personnage qu'il souhaite suivre. Dans cette enquête policière, tout est fait pour créer de fausses pistes à la façon d'un bon thriller. Steven Soderbergh reste un conteur et ne délègue à son spectateur qu'une fonction de son rôle de réalisateur : le choix de l'axe narratif.
Première année est un film sur deux parcours étudiants au sein d'une université de médecine, réalisé par un ancien médecin devenu réalisateur. Entre docu-fiction et fiction documenté, Thomas Lilti a choisi principalement le camp du cinéma. Un choix qui l'amène à choisir entre décrire la réalité ou raconter une histoire. Un choix qui a divisé quelques spectateurs. Le cinéma est là pour raconter des histoire. mais pour toucher au coeur son public, certains chemins sont plus efficaces. Il faut d'abord parler du spectateur pour l'impliquer et lui permettre de ressentir ce qu'il voit à l'écran dans un mouvement sympathique ("ressentir avec"). Mais il faut aussi l'amener à découvrir des choses différentes de son quotidien pour remplir son objectif de divertissement. Si le cinéma est un moyen d'évasion, il faut bien que le cinéma projette au spectateur un lieu ou des faits qui l'amènent autre part que son traditionnel "métro, boulot, dodo". Entre parler de son soi et surtout ne pas parler de chez soi, le réalisateur doit construire une fiction intime. Lorsque James Cameron évoque le naufrage du Titanic, il raconte une histoire universelle où le riche et le pauvre, homme et femme, peuvent s'identifier. Lorsque Marvel conte une aventure de super-héros, le studio prend bien soin d'attacher des faiblesses psychologiques à son héros que chacun a pu déjà expérimenter. En tournant Première année, son troisième film sur le milieu des médecins, le réalisateur Thomas Lilti a été confronté à cette opposition de raconter une histoire originale et de faire passer des émotions connues du plus grand nombre. Et comme au cinéma, on privilégie toujours l'image aux mots, il a fait des choix dans ce sens. Parfois en ajustant la réalité quand cela pouvait conforter son propos.
Quand les exploitants regrettent que certains films ne sortent plus en salles, ils en appellent à l'essence même du cinéma. Le cinéma est né avec un public devant des images, mais entre le contenu (le film) et le contenant (la salle), il y a deux définitions du cinéma qui s'affrontent ... de façon intéressée. L'histoire du cinéma se répète une fois de plus. Les festivals de cinéma sont l'un des plus bels écrins pour le cinéma. Ils permettent de transformer en événement la sortie d'un film lors d'avant-premières médiatisés avec des stars qui se prêtent volontiers tant à la promotion du film en question (surtout si elles jouent dedans) qu'à la leur. Même si l'art est désintéressé, il s'agit d'un "désintérêt intéressé" où tout est produit [1]. Et tout le monde se tient pour maintenir un équilibre financier où chacun a l'habitude de prendre une part des flux financiers qui transitent, tant pour faire le film (les artistes et techniciens) que pour recevoir une part des recettes (exploitants, distributeurs, producteurs et ... artistes). Il n'en est pas vraiment autrement dans les autres secteurs. Mais ce secteur revendique sa spécificité culturelle ; il relève essentiellement de puissants oligopoles (quelques grands diffuseurs, têtes d'affiche et festivals en particulier) et d'une faible concentration (des milliers de producteurs et des milliards de spectateurs). C'est à la fois une industrie et un artisanat. Le choc est donc violent lorsqu'un nouvel acteur, comme Netflix, vient troubler des équilibres construits depuis longtemps et qui avaient su satisfaire tout le monde après l'avènement de la télévision payante et de la vidéo dans les années 80. Plus de trente ans déjà.
Le Studio Pixar est parvenu à prendre la place laissée vacante par Disney Animation autrefois indétrônable. Derrière cette ascension, il y a une histoire de la technologie et celle d'hommes et de femmes qui voulaient tous simplement raconter de bonnes histoires.
L'histoire de Pixar se joue en 1983. Une visite est organisée d'employés de Disney dans les locaux d'une division de Lucasfilm, la société de production du père de Star Wars. Ils sont accueillis par Ed Catmull qui dirige cette division, Graphics Group de la Direction des Ordinateurs. Disney a travaillé deux ans plus tôt sur le film Tron de Steven Lisberger et certains pensent que les ordinateurs peuvent aider le studio. Parmi les visiteurs de Disney chez Lucasfilm : John Lasseter qui se montre le plus intéressé par ce qu'il découvre. Il n'a pas participé à la création de Tron, mais il a observé de loin sa production alors qu'il n'est qu'un jeune animateur qui travaillait sur Rox et Rouky. Il sort de chez Ed Catmull convaincu du potentiel de l'image créée par ordinateur d'autant qu'il a quelques projets avec des objets animés qui pourraient bien s'y prêter : une adaptation du conte pour enfant The Brave little toaster pour lequel il imagine combiner une animation traditionnelle pour les personnages et un décor tridimensionnel créé avec les ordinateurs alors que jusqu'à maintenant l'animation se bornait à un dessin d'arrière-plan même dans les productions coûteuses de Disney. Dans la foulée, avec Glen Keane, il fait un test en créant un extrait de When the wild things pour tester l'impact des changements de perspective et interaction entre animation et infographie. Lorsqu'il propose à sa hiérarchie |1] de passer à un long métrage sur le même principe, il reçoit un accueil tellement glacial qu'il sera même remercié.
Le cinéma d'horreur a tendance à revenir sans cesse sur les mêmes recettes. Les films The Purge s'inscrivaient initialement dans le sous-genre des home invasions pour finalement s'étendre avec le succès et décrire un univers dystopique qui en dit beaucoup sur une certaine vision de l'âme humaine. Un succès commercial qui ne se dément pas.
A Hollywood, on observe une dichotomie de plus en plus forte entre le cinéma de marque qui déploie ses franchises et un cinéma de prototypes. Le cinéma du milieu semble avoir du mal à s’imposer faute de spectateurs fidèles à ce cinéma.
Il est vrai que le public semble se répartir entre les cinéphiles toujours attachés à voir les films au cinéma et un grand public prêt se déplacer pour regarder sur grand écran des films à grand spectacle. Un peu à l’image de la fameuse « disparition des films du milieu » annoncée par Pascal Ferran en 2007.
Pourtant, loin du cinéma d'auteur, une série de films s’est imposée dans cet univers concurrentiel : allier petit budget, franchise et succès récurrent. Il s’agit de The Purge, habilement renommé American nightmare en France.
La franchise raconte une Amérique dystopique (le premier film se déroule en 2022) où le gouvernement a rendu légal tout crime, y compris le meurtre, perpétué pendant une nuit de 12 heures définie légalement. Chaque film raconte une de ces journées où « la suspension du contrat social renvoie l'humanité à un temps de lutte à mort pour sa survie » (Le Monde)
John Williams a prévu d'accompagner la saga Star Wars jusqu'à l'épisode 9 avant de prendre sa retraite. Presque un devoir pour lui, à 86 ans, que de chercher à accompagner l'aventure initiée par George Lucas il y a 40 ans et pour laquelle il reste si attaché dans la mémoire collective. Pourtant, cette musique a elle aussi sa petite histoire.
Quand George Lucas se lance dans La Guerre des Etoiles, l'aventure a tout du pari risqué : la science-fiction reste attachée à un genre mineur et George Lucas n'est que l'homme d'American Graffiti, triomphe de 1973 qui s'appuyait sur sa bande-son rock du début des années 60. Certes, la Fox a connu un joli succès avec La planète des Singes en 1968. Oui, 2001, l'odyssée de l'espace a montré la même année ce qu'on peut faire avec un film se déroulant dans l'espace. Mais tout ça n'a pas vraiment lancé le genre (même si le film tiré du roman de Pierre Boule a généré ses quatre suites entre 1970 et 1973). George Lucas se trouve donc en terrain presque vierge lorsqu'il s'interroge sur la musique de son space opera.
La musique des films de Science-fiction n'avait pas vraiment trouvé son propre univers. On suivait les tendances des soundtracks de film en général. La musique était donc encore largement symphonique dans les années 60, pour devenir parfois plus atonale à la fin des années 60 et au début des années 70 dans la mouvance psychédélique post-68 comme pour Barbarella. De nouveaux instruments commencent à être utilisés pour créer des ambiances particulières comme dans L'âge de Cristal, mais les cuivres sont encore largement répandus pour créer de la tension dans les scènes d'action alors que les violons reviennent volontiers dans les scènes sentimentales. La musique électronique commence à être aussi de plus en plus utilisée dans ce type de film, mais le thérémine, premier instrument électronique, avait déjà trouvé sa place à Hollywood dans les années 50, notamment pour relever l'étrangeté des séquences de rêve. Le thérémine avait d'ailleurs été sollicité par Bernard Hermann dans la scifi pour Le jour où la terre s'arrêta. Le succès de La planète des singes est parvenu néanmoins à imposer, via le score de Jerry Goldsmith, une musique atonale qui sera reprise avec plus ou moins de succès dans les films fantastiques de la première partie des années 70.
On aimerait bien parfois que la réalité soit plus belle que la fiction ou se battre pour gagner contre les moulins à vent. Terry Gilliam reste un rêveur qui maintient ce fantasme depuis quarante ans dans ses films. Il aura passer la moitié de cette période à nous proposer sa version de Don Quichotte. L'histoire est belle. Presque trop belle.
Qu'on aurait voulu que l'histoire se termine avec une happy end de cinéma ! On en venait à rêver qu'on en ferait un jour un film à Hollywood. Il y a bien un film sur le tournage de Citizen Kane (RKO 281) et sur celui de Psychose (Hitchcock). Même les nanars Plan 9 form Outer Space et The Room ont eu le droit à un hommage distancé dans de jolies films avec respectivement Ed Wood de Tim Burton et The disaster Artist de James Franco.
Alors quand on revient sur la tumultueuse histoire de L'homme qui tua Don Quichotte, on se dit que la persévérance de Terry Gilliam à tourner son film et à le montrer à Cannes suffit à finir le film de son film. Il faudra alors cacher l'essentiel : l'avis du public et le dernier rebondissement judiciaire.
Rappelons que Don Quichotte de Cervantes prête à des interprétations diverses. Le roman décrit un personnage avec une vision du monde singulière qui part en croisade dans l'Espagne du 16ème siècle : on peut y voir la fatalité des désirs inassouvis ou la volonté de voir le monde tel qu'on le rêve plutôt que comme il est (ou l'inverse ?). En tout cas, ses thèmes se prêtent particulièrement à un artiste comme Terry Gilliam qui a toujours transformer la réalité tel qu'il voulait la fantasmer. C'est au centre de son prologue du Sens de La Vie (The Crimson permanent Assurance), de Brazil ou encore des Aventures du Baron de Munchausen. On ne s'étonne donc pas que le réalisateur américain (le "Yankee" des Monty Python) ait eu le coup de foudre pour adapter librement cette histoire de ce "généreux et idéaliste redresseur de torts".
Les plus jeunes découvrent les films dans un environnement distinct de celui de leurs aînés : expériences cinéphiliques différentes, proposition de films enrichie, habitudes générationnelles etc. A chaque génération, il faut réimaginer ce qu'un film signifie pour ses nouveaux spectateurs. La Saga de George Lucas est à ce titre un cas d'école. Star Wars a imposé sa mythologie à travers la richesse de son univers, la cohérence des histoires et la symbolique de ses personnages. Cette richesse offre finalement de multiples portes d'entrée entre préquel, séquel, spin-off et univers étendu. Il y a des grandes questions qui obsèdent les fans de cinéma et pour lesquelles il serait vain de chercher à apporter des réponses. La toupie d'Inception s'arrête-t-elle de tourner ? Deckard est-il un réplicant dans Blade Runner ? Que dit Bill Murray à l'oreille de Scarlett Johansson à la fin de Lost in translation ? En fait, ces questions perdurent dans la mythologie cinéphilique parce qu'il n'y a pas de réponse évidente. Même lorsque Ridley Scott apporte une réponse pour Blade Runner ("c'est un replicant"), les spectateurs ne sont pas convaincus (et Harrison Ford non plus). Dans quel ordre voir les films Star Wars fait partie de ces questions qu'il serait vain de trancher tant les arguments peuvent s'opposer. Et là encore, l'avis de George Lucas qui privilégie l'ordre chronologique n'a pas plus de valeur que celui d'autres spectateurs puisqu'en offrant ses films dans l'espace public, son créateur laisse chaque spectateur en faire ce qu'il veut. Le public a autant de droit à poser sa propre appréciation que de définir la carrière de spectateur idéal pour voir les films de la série La Guerre des Etoiles. C'est pourquoi la façon la plus naturelle d'un spectateur de répondre à cette question sur l'ordre de visionnage idéal revient souvent à se reporter à sa propre expérience. Ceux qui ont connu la sortie des films depuis la première trilogie (77/80/83) avant la prélogie (99/02/05) défendent souvent l'ordre de réalisation [1]. A l'inverse, les plus jeunes qui ont grandi avec le personnage d'Anakin Skywalker voit plus de logique à suivre le personnage grandir et évoluer de film en film.
La technologie est un sujet récurrent dans les histoires de cinéma qui attirent le public. A l'heure où l'intelligence artificielle s'installe dans la roadmap de la moindre startup, la création cinématographique reste encore à l'écart du mouvement même si des initiatives existent. Mais les scénaristes tiennent bon.
La révolution digitale a profondément fait évoluer l'industrie cinématographique. On ne sait s'il faut vraiment dire "évoluer" ou "modifier" tant cette transformation s'est faite à la fois rapidement et sans que la continuité, vue du spectateur, en soit altérée. Au point que Reed Hasting s'était permis ironiquement de souligner le protectionnisme technologique du secteur depuis plusieurs décennies.
“How did distribution innovate in the movie business in the last 30 years? Well, the popcorn tastes better, but that’s about it,” (Reed Hastling)
Pourtant, entre 1993 (Jurassic Park) et aujourd'hui (basculement finalisé aux projecteurs numériques), toute la chaîne du cinéma s'est convertie au digitale. De la fabrication via les images de synthèse avec d'abord des effets spéciaux époustouflants à l'exploitation avec la projection 3D - et 4Dx - sans oublier le son-objet (de type Atmos). Les coûts technologiques ont baissé amenant le cinéma populaire à rentrer paradoxalement dans une surenchère de plus en plus couteuse pour les studios de production. La pellicule a cédé la place à de gros fichiers 2K, puis 4K (bientôt 8K) transformant profondément la phase de montage.
La distribution a profité d'internet pour se réinventer avec la gestion des bande-annonces sur le net ou avec un marketing viral adapté à l'époque des réseaux sociaux. La démarche historique de Netflix dans son moteur de recommandation personnalisée entre dans la même démarche de promouvoir le "bon film" au "bon spectateur" sur la plateforme de SVOD [1]. Le concept de "festival international en ligne" est même une réalité avec Myfrenchfestival. Disney règne en maître sur le box-office mondial suite aux rachats et à l'exploitation commercialement intelligente des droits de Marvel et de Lucasfilm. Pourtant si le public visé semble comparable, dans les faits, on constate des nuances significatives pour ces franchises nées dans les années 60 et 70. Le public des blockbusters est sociologiquement différent de celui des comédies françaises ou des films d'auteurs. Cette intuition partagée par le public se vérifie dans les études sur la sociologie du public ou les approches marketing menées désormais régulièrement par des instituts spécialisées. Même si derrière cette hétérogénéité de la structure du public se cache aussi des spectateurs omnivores qui n'hésitent pas à consommer du cinéma sous toutes ses formes. Il y a un public qui ne se déplace que si ça vaut le coup, c'est à dire là où il y a du "money shoot" qu'on ne voit pas ailleurs et d'autres qui refusent d'aller en salles pour voir une énième version des gentils contre les méchants dans un monde qui n'a rien à voir avec la "vraie vie".
Il est difficile de définir le public les blockbusters car chaque année le nombre de films dépassant 4 millions de spectateurs est assez faible : À peine trois à cinq par an. De fait, la structure de ce public varie selon qu’on y trouve des dessins animés des comédies ou des films d’action. Steven Spielberg a confirmé récemment qu'Harrison Ford allait reprendre son rôle d'Indiana Jones pour un cinquième épisode (avec toujours John Williams à la musique). A 78 ans au moment de la sortie prévue, c'est un choix courageux pour certains, anachronique pour d'autres. Quelles étaient les autres options pour le studio ? Alors que 80% du top10 au box-office américain de l'année 2015 était des suites ou remakes, la question du renouvellement des franchises se pose avec le vieillissement des héros. Le cinéma de franchise existe depuis le cinéma muet qui a très vite compris l'aspect fidélisant de s'appuyer sur des héros récurrents (Bébé, Fantomas...). La caractérisation des personnages non parlants permettait de retrouver le même héros - interprété au moins par le même acteur - sans qu'on sache vraiment si c'était le même personnage (Buster Keaton, Charlie Chaplin...). Rappelons que le nom de Charlot dans les titres des films de Chaplin est une réalité française qu'on ne retrouve pas dans les titre originaux [1].
Pour autant, pour des raisons économiques évidentes, il est bien difficile d'abandonner une franchise à cause d'un personnage vieillissant d'autant que le monde fictionnel s'autonomise facilement du monde réel. Le public est fidèle non pas seulement à un concept qui a fait ses preuves, mais aussi à la connivence qui s'est créée avec un personnage récurrent comme un ami que l'on connait depuis longtemps et à qui on pardonne volontiers ses faiblesses. C'est un phénomène similaire qui permet de créer une addiction à des héros de série même lorsque la qualité chute progressivement. Reprendre un acteurs iconique d'une saga pose à un moment quelques problèmes : compte tenu de l'existence d'un désir mimétique, les héros jeunes attirent plus et les phénomènes d'identification ne sont pas favorables à conserver un acteur âgé pour toucher un public plus jeune, au risque de réduire l'audience et donc le succès. C'est pour être franchement orienté vers le renouvellement de son public que le producteur Steven Spielberg renonça dès l'origine à inclure l'un des acteurs-vedettes des premiers films pour Jurassic world. Par ailleurs, lorsque le succès est là il y a naturellement inflation. C'est pour une raison de gros sous que Robert Duvall n'est pas dans Le parrain 3 (il avait demandé le même salaire qu'Al Pacino) Le dernier film avec Jean Dujardin n'a pas permis à l'acteur de retrouver les sommets du Box-office malgré son genre fédérateur et ses qualités bien au-dessus des comédies concurrentes. On retrouve ici toute la difficulté d'inviter le public à voir un film qu'il devrait aimer, mais qu'il n'a pas envie de voir. La comédie est triomphante au box-office français depuis quelques années. Derrière le cinéma américain triomphant avec des films d'action, on trouve systématiquement une comédie en tête des films les plus vus de l'année : Intouchables en 2011, Sur les pistes du Marsipulami en 2012, Les profs en 2013, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? en 2014, Les nouvelles aventures d'Aladin en 2015, Les Tuche 2 en 2016, Raid dingue en 2017. Et 2018 semble parti pour confirmer la règle avec les deux beaux succès des Tuche 3 et Une Ch'tite famille à deux semaines d'intervalle. Chacun finira à près de 6 millions de spectateurs en salles. Pourtant, dans une quasi indifférence, était proposée la dernière comédie de jean Dujardin, Le retour du héros. Cette comédie n'a pas vraiment été victime de la concurrence puisqu'elle est sortie deux semaines après le dernier Tuche et tout autant avant le dernier Dany Boon. On pourrait relever avec 800.000 entrées, on est loin de la catastrophe économique, mais le film valait nettement mieux. Et des vraies comédies grand public réussies, ce n'est pas si fréquent. Les spectateurs ont d'ailleurs salué ses qualités et le film de Laurent Tirard n'a rien à envier aux deux comédies triomphantes de ce début d'année. Loin de là.
La libération sexuelle de la fin des années 60 a touché le cinéma avec une force inouïe au milieu des années 60 avant un reflux conservateur qui a fait de la période 1972-1975 un laboratoire de l'expression des préférences un peu particulier. Zoom sur la décrue à partir de 1976. Le gouvernement de droite de Valéry Giscard d'Estaing avait voulu libéraliser une France trop conservatrice. Le mouvement était devenu incontrôlable et les pressions venaient de tout côté. Dans sa propre majorité, le gouvernement voyait une contestation violente gronder du côté des plus conservateurs. Mais la gauche, dans l'opposition et relayée par sa presse, se montrait aussi très critique envers la politique "culturelle" de la majorité. La décision fut prise à l'été 1975 d'un nouveau texte plus dur et cela se traduisit par un texte intégrée à la loi de finance applicable au 1er janvier 1976. Le décret du 31 octobre 1975 obligea les films pornographiques à être exploités dans des salles spécialisées touchées, à ne plus pouvoir bénéficier du dispositif de soutien financier géré par le CNC et à se voir taxer d'une TVA majorée et d'une taxe spécifique. Les films étrangers avaient une taxation forfaitaire de 300.000€ qui créa paradoxalement une politique protectionniste qui protégea la production X française. Celle-ci représenta 82% de la fréquentation au 1er trimestre 1977 (12% pour les USA). Le cinéma français traditionnel n'était pas aussi bien protégé. Il fallut donc distinguer l'érotisme assimilable au cinéma traditionnel de la pornographie qui relèverait de l'obscène. On s'appuya donc sur la distinction qu'en avaient fait les docteurs Eberhard et Phyllis Kronhausen, les futurs réalisateurs de La foire aux sexes, dans leur livre Pornography and the law (1969) : le réalisme érotique explore la sexualité ; l'obscénité se contente de l'exploiter.
Le public est abreuvé de films de super-héros depuis le début du siècle. Le cinéma accélère la production et les séries se multiplient. Si on se réfère à l'histoire du cinéma, il est pourtant fort possible que cela touche prochainement à sa fin. On y est pas encore. Loin de là. Le succès des super-héros depuis leur création par Marvel dans les années 40 tient tant à cette envie de s'identifier aux héros surpuissants qui donnent une revanche sur la vie réelle que de celle de pouvoir se savoir sauver par eux en cas de difficulté. Il n'est donc pas étonnant qu'ils soient si populaires chez les plus jeunes qui souffrent d'un complexe face aux adultes ou des adolescents qui cherchent à imposer leur identité sociale. Le regain d'intérêt auprès des adultes est plus récent et doit beaucoup au cinéma qui a pu redonner une seconde jeunesse au sous-genre grâce à une approche narrative mieux construite et au progrès des effets-spéciaux. Iron-Man fête d'ailleurs ses 10 ans cette année. Le public est animé de deux dynamiques pour aller au cinéma. La première le conduit à aller voir ce qui lui plait. La seconde à éviter ce qui risque de le décevoir. Ce sont ces deux phénomènes qui expliquent aujourd'hui le succès des films inspirés de héros Marvel (Avengers, X-men, Spider-man...) et DC Comics (Batman, Superman, Wonder woman...). Parce qu'il veut voir ce qui lui plait, le spectateur a tendance à retourner voir les films qu'il connait et lui apporte son lot de sensations. Les films super-héros apportent l'action qui stimulent et la réassurance d'un univers qu'il connait bien et apprécie. Sur ce point, les films de franchise s'appuient sur ce qui a fait le succès des séries télévisées, la connivence qui se crée avec le temps entre le public et les personnages récurrents. Avec des univers uniques et cohérents, Marvel/Disney et DC Comics/Warner tiennent une formule qui marche. Le genre même autorise de sortir le spectateur de la routine avec des images jamais vues (et pourtant toujours un peu les mêmes en CGI), chaque super-héros développant des pouvoirs étonnants avec un prisme spécifique. Spider-man nous parle de la difficulté d'être adulte, X-men de la tolérance, Batman de la rédemption, Docteur Strange de la nécessité de se libérer du matérialisme etc. mais à la fin, c'est toujours un gentil qui se bat violemment contre un très méchant pour gagner finalement en apprenant sur lui-même.
L'image de synthèse est devenue depuis 30 ans maintenant une composante à la disposition des réalisateurs. Elle permet aux créateurs de proposer les images qu'ils ont en tête avec la possibilité d'ajuster en post-production. Ca change la façon même de concevoir tournages et décors.
Quelques vidéos pour visualiser des images de synthèse d'aujourd'hui dans des usages variés.
L'usage des images de synthèse date des années 70 où on les utilisait pour simuler une image numérique dans les films de science fiction. C'est ainsi que dans Mondwest (1973), les images subjectives de ce que voit le robot sont ainsi pixélisées. Dans sa suite, Les rescapés du futur, l'image de synthèse passe de la 2D à la 3D avec le visage scanné de Peter Fonda apparaissant sur un écran. Et bien sûr, dans Star Wars Un nouvel espoir (1977), c'est grâce à une image de synthèse également que Luke peut suivre son tir dans le circuit d'aération de l'étoile de la mort.
Mais c'est dans Tron (1982) que l'on a une partie entière du film - un quart d'heure - qui y a recours. Là encore, ce n'est pas pour simuler la réalité, mais pour projeter le héros dans un jeu vidéo.
Deux ans plus tard, on a enfin la première image de synthèse qui cherche à représenter une image photo-réaliste avecThe last starfighter (1984) et ses vaisseaux spatiaux, puis 2010 et sa planète Jupiter. Et en 1986, ILM va être l'auteur de la première image photo-réaliste d'un personnage animé dans Le secret de la pyramide où un vitrail prend vie pour attaquer un jeune Sherlock Holmes. C'est toujours ILM qui réussit peu après le premier Morphing dans Willow (1988).
La comédie musicale est un genre attaché à la culture américaine. Son histoire commence avant le cinéma, mais c'est bien le septième art qui s’appuiera sur lui pour offrir du spectacle et du rêve à ses spectateurs.
Il faut bien admettre que si des tentatives de films musicaux existent hors du territoire américain, le genre ne s'y est jamais imposé durablement. En France, Jacques Demy a réussi à poser sa patte, mais il est resté bien seul malgré quelques tentatives régulières (Les chansons d'amour de Christophe Honoré, 8 femmes de François Ozon, On connait la chanson d'Alain Resnais).
L'histoire d'une nation connait des moments de cristallisation qui forgent sa culture. Une culture qui partout s'est construite autour de la danse et de la musique et des loisirs dominants au moment où la culture moderne s'est transmise autrement que par oral. C'est la bourgeoisie, classe sociale large avec un pouvoir d'achat, qui est au fondement de cette cristallisation. Quand elle s'impose par le nombre ou en remplaçant l'influence de l'aristocratie locale, la culture d'un pays connait un jalon important de son histoire.
Ainsi en France, l'opéra provient de la rencontre entre le théâtre populaire et la musique classique (c'était la musique de la cours, mais elle était moins élitiste qu'aujourd'hui). L'opérette et l'opéra-bouffe ont donc été au centre de la culture de la classe bourgeoise du 19ème siècle lorsqu'elle s'est constituée. En Inde, la classe bourgeoise est nettement plus récente et c'est la rencontre entre la musique, la danse et le cinéma qui a forgé le populaire Bollywood. La plupart des films populaires ou comédies romantiques contiennent leur lot de morceaux musicaux qui viennent ponctuer l'intrigue.
La fréquentation cinématographique s'est bien tenue en 2017 avec un niveau comparable à la bonne année 2016 avec 209 millions de spectateurs dans une année où le monde du cinéma aura fait son coming out de ses pratiques misogynes - sans doute minoritaires - mais condamnables.
Le grand gagnant de l'année sera sans nul doute le studio Disney qui confirme d'année en année sa capacité à mettre en haut du box-office les icônes de ses différentes écuries : Disney (le film La Belle et la Bête), Marvel, (Les gardiens de la Galaxie vol. 2, Spiderman : Homecoming et Thor : Ragnarok) et Lucasfilm (Les derniers Jedi). Tous les cinq finissent dans les huit premiers du box-office américains. Il manque juste Pixar, mais son dernier avatar Coco, s'il n'a pas triomphé en salles à la hauteur des autres poulains disneyens (il finira 12ème quand même), est néanmoins un vraie réussite : il est même le film le plus aimé de l'année (30ème au classement IMDB avec une excellente moyenne de 8,8).
Et l'avenir se présente bien puisque fort de ces rentrées financières et de très belles perspectives, le studio n'a pas hésité à acquérir le studio 21th century Fox. Avec cette acquisition, ce seront les franchises Avatar, Alien, X-men qui viennent chez Mickey. D'ailleurs, en 2017, Avatar est déjà venu enrichir les attractions de Disneyworld en Floride. Et les six premiers Star Wars étaient sortis avec le logo de la Fox. Une façon de se préparer à affronter les nouveaux géants de l'audiovisuel que sont les plateformes de streaming et leur capacité à investir 6 Md$ par an dans les contenus. On a vu à Cannes la crainte qu'elles substituent la consommation cinématographique en salles lors de la sélection officielle de Okja. Disney a donc décidé de créer sa propre plateforme en gardant ses productions en exclusivité, enlevant ses productions de chez Netflix et mettant une croix sur les 385 M$ que cette plateforme lui versait annuellement. Le studio pourra s'appuyer sur la plateforme Hulu acquise dans l'opération Il aura donc les produits d'appel pour se lancer avec ambition. La lutte sera passionnante à partir de 2018. Qu'il est doux de voir un film et de l'aimer. On a envie de le partager avec d'autres et d'en discuter. On se demande si nos amis connaîtront le même plaisir. C'est pour ça que je regarde souvent ce que les autres en ont pensé. Pas pour changer d'avis, mais pour observer si mon appréciation est dans la norme. Et récemment, j'ai fait l'amer constat que grand public et critiques ne voient visiblement pas les mêmes films. Je sortais d'une projection de Mary de Marc Webb. Mary est pratiquement passé inaperçu en France. A peine 100.000 spectateurs français. C'est relativement 7 fois moins de spectateurs qu'aux Etats-Unis (retraité de la différence de taille des deux pays) où le film a largement amortit son petit budget de 7 M$.
Ce n'est pas moi qui ait proposé ce film dont je n'avais jamais entendu parlé. J'avais certes vu les affiches françaises mais sans faire le lien avec le film que j'allais voir : Gifted est devenu Mary dans la traduction en français. De fait je ne disposais d'aucune indication, ni sur le casting, ni même sur le thème. Et encore moins de retour de l'opinion du public et des critiques. J'étais donc totalement vierge d'avis parasites qui auraient pu m'influencer. |
Docteur en Sciences de l'information et de la communication, Laurent Darmon est devenu par cinéphilie un spécialiste de la réception cinématographique et de la sociologie du cinéma.
Il est l'auteur d'une thèse sur "l'itinéraire de l'évaluation d'un film par le spectateur au cinéma", anime des conférences et a été le Président de la Commission Cinécole 2016. Parallèlement, il est en charge du digital et de l'innovation dans une grande banque française.
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