Le secret ? Le concept du "Fish out of water" (le poisson hors du bocal). 🐟
On sort un personnage de son environnement naturel pour le confronter à un univers a priori hostile ou du moins peu maîtrisé. Si ce ressort a fait le sel de grands films(Les Évadés, Platoon) mais aussi plus récemment de séries mémorables (Ted Lasso, Emily in Paris, Breaking bad), il est le moteur des plus grands succès français :
• le banlieusard chez l’aristocrate (Intouchables)
• Le noble du Moyen-Âge chez les « gueux » modernes (Les Visiteurs)
• Le trader face à l'enfant de la jungle (Un Indien dans la ville)
* Un chômeur « goy » dans le quartier du Sentier (La Vérité si je mens !).
Il est toujours délicat de rire d’une communauté entre le risque de la fâcher ou de ne s’adresser qu’à elle. Et là encore, l’exercice est difficile : mettre en avant les clichés tout en rendant cet univers sympathique car Dany Boon veut valoriser sa région natale. Il décrit avec tendresse l’univers de sa jeunesse et caricature les clichés pour mieux les déconstruire.
Dany Boon travaille seul le scénario avant de le peaufiner avec deux anciens auteurs des Guignols. Il réutilise parfois des répliques de son spectacle A s’baraque et en ch’ti mais le film reste une comédie originale.
Et quelle comédie et quel succès ! Celle de tous les records avec le plus gros score en première semaine nationale (3,5 M d’entrées qui se sont ajoutés aux 555 000 de la semaine avant-première) et le plus grand score national, avec 20,5 M de spectateurs, devant La Grande Vadrouille qui régnait sur le cinéma français depuis 1966. Seul Titanic a fait légèrement mieux (20,7 M à sa sortie), mais le film de Dany Boon a dû faire face au piratage (estimé à 680 000 téléchargements). Dans le Nord, c’est même un habitant sur deux qui a vu le film.
Les italiens en ont fait un remake avec cette fois un postier du Nord qui est muté dans l’Italie méridionale. Énorme succès en appliquant la même recette.
Le film a prouvé qu'une identité régionale forte, traitée avec humour et bienveillance, pouvait devenir universelle.
À Bergues, le carillon a dû être renforcé pour accueillir les touristes. « C’est le Noooord ! »














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