- Babylon de Damien Chapelle, le plus jeune gagnant de l’Oscar du meilleur réalisateur (pour La La Land),
- et The Fabelmans de Steven Spielberg, le vétéran et champion du box-office (trois fois recordman avec Les dents de la mer, E.T et Jurassic parc).
Avant sa sortie, Babylon s’annonçait comme un film à Oscars, et il n’aura eu finalement aucune nomination. The Fabelmans était le favori après l’annonce des nominations, mais il ne recevra aucune statuette.
Ce sont deux œuvres à propos de l’histoire du cinéma. Ce sont aussi deux chroniques qui aboutiront à deux révolutions du septième art. Babylon évoque le passage du muet au parlant qui transformera cette industrie en écartant les pionniers. Quant à The Fabelmans, il raconte la jeunesse autobiographique d’un cinéphile bientôt prêt à développer le Nouvel Hollywood, ce courant cinématographique des années 70 qui renouvela les genres classiques du cinéma américain et déboucha sur l’industrie des blockbusters.
Le hasard veut que Babylon s’achève en 1952 avec la sortie de Chantons sous la pluie quand The Fabelmans commence la même année avec la projection de Sous le plus grand Chapiteau du monde. Une Comédie musicale pour Chazelle et un blockbuster pour Spielberg, logique !
Mais les deux films prennent des chemins totalement contraires pour parler du cinéma, même s’ils sont tous deux centrés sur les artistes qui créent les films. Si Chazelle va faire un exercice de style qui balayera chaque genre de scène en scène (musical, western, drame, film noir, burlesque et même porno et horreur), Spielberg restera sur l’intime pour revisiter ses souvenirs d’enfance et la naissance d’une vocation.
Les spectateurs obtiennent deux grands films, mais les producteurs ont récupéré deux échecs. Babylon est un film (trop ?) clivant par ses excès qui permettent à la forme de rejoindre le fond. Steven Spielberg a fait un film (trop ?) personnel s’attardant sur la lente désagrégation d’un couple, loin de son cinéma spectaculaire.
Au global, 63 M€ de recettes mondiales pour Babylon (80 M€ de budget de production) et 45 M€ pour The Fabelmans (40 M€ de budget). Mais un pays a résisté à ce marasmes économique pour ces deux films : la France. Elle représente 20% des recettes de Babylon et 15% de celle de The Fabelmans alors que la part de marché du box-office français pour un film américain représente habituellement plutôt 5%.
Finalement rien que de plus normal que le pays où a été inventé le cinéma honore ces nouveaux films maudits sur le 7ème art !
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