On suit le destin de trois personnages archétypaux :
- Jack Conrad (Brad Pitt) : la grande star du muet, charismatique et au sommet, que l'arrivée du son rendra obsolète.
- Nellie LaRoy (Margot Robbie) : la starlette filante, incarnation de l'énergie brute et chaotique du muet, incapable de se plier à la discipline du parlant.
- Manny Torres (Diego Calva) : l'immigrant qui gravit les échelons, l'homme de l'ombre qui s'adapte et deviendra le producteur de la nouvelle ère.
À travers eux, le réalisateur ne raconte pas seulement une révolution technologique, mais le passage d'un art artisanal, excessif et libre à une industrie hollywoodienne plus formatée et aseptisée. C'est une histoire de création, d'ambition démesurée et de destruction. il ne se contente pas de raconter une période charnière de l'histoire du cinéma, il en adopte les codes et l'énergie pour nous en faire ressentir la folie et la magie.
Pour cela, sur plus de 3 heures, il va balayer toute l'histoire du cinéma dans sa forme. Si on regarde chaque séquence, on s'aperçoit qu'elle renvoie à un genre ou une typologie différente du cinéma. Cela permet aussi de mieux comprendre le choix qui a fait polémique de la dernière séquence, véritable manifeste pro-cinéma qui clôture le film et semble - volontairement - s'en détacher.
Voici donc le séquencement minuté que j'ai pu en faire :
- 0 - 4 : décalé / absurde
- 4 - 7 : pornographie
- 7 - 9 : comédie romantique
- 9 - 16 : film noir
- 16 - 21 : musical
- 21 - 25 : film d’arnaque
- 25 : référence à l'iconique film La prisonnière du désert de John Ford
- 25-26 : comédie romantique
- 26 - 30 : Biopic
- 30 : Titre « Babylon »
- 30 - 32 : bas fonds
- 32 - 35 : Cinéma muet
- 35 - 36 : burlesque
- 36 - 41 : film historique d'action
- 41 - 52 : western
- 52 - 55 : documentaire
- 55 - 58 : grandeur …
- 58 - 60 : drame de la jalousie
- 60 - 1:07 : film psychiatrie
- 1:07 - 1:20 : 1er film parlant
- 1:20 - 1:24 : LGBT
- 1:24 : 1:33 : film d’horreur
- 1:33 - 1:36 : comédie musicale (avec référence explicite à Chantons sous la pluie)
- 1:38 : le midpoint du film / inversion des trajectoires des personnages
- 1:38 - 1:49 : "haute société"
- 1:49 - 1:54 : grand guignol
- 1:54 - 2:02 : Cotton club / Jazz
- 2:02 - 2:07 : conte philosophique
- 20:07 - 2:20 : film de gangster
- 2:20 - 2:25 : film post apocalypse
- 2:23 - 2: 27 : action
- 2:27 - 2:30 : … et décadence
- 2:30 - 2:35 : thriller
- 2:35 - 2:39 : romance
- 2:39 - 2:41 : policier
- 2:41 - 2-43 : film actualité
- 2:43 - 2:46 : nostalgie / souvenirs
- 2:46 - 2:50: film méta
- 2:50 - 2:54 : Youtube
Damien Chazelle ne se cache pas de cette volonté, mais cela n'a étrangement jamais été relevé. C'est ici réparé !
J'ai procédé par empilement de séquences, avec des contrastes très marqués et alternant les genres - comme si Babylon était un film et plusieurs à la fois. (Damien Chazelle)
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